Parfois, je pense encore que je pourrais ranimer, par un simple effort de ma volonté, les jours que j’ai laissés s’enfuir sans les connaître, les jours déjà anciens et légendaires où je pouvais me rendre rue du Nouveau-Siècle, monter quelques marches, frapper à une porte de bois verni et voir le visage de Wanda, d’abord craintif et incertain, me sourire enfin. Cette illusion renaît surtout vers la fin du jour, quand mon ombre s’étend dans les rues froides. La lumière a été maigre toute la journée, et déjà les quelques personnes que j’aperçois se hâtent vers le journal télévisé et le repas du soir. Leur peau est blafarde, une peau de mars, une peau d’hiver long et humide, et sur celle des hommes des picots noirs dessinent un masque de fatigue. Ici, dans ce quartier, les gens ne partent pas à la neige, ils ne fêtent pas la nouvelle année sous les tropiques. Moi non plus, mais peu importe. Je ne veux pas m’éloigner de ces avenues et de ces places où je marche au hasard, même si un événement incompréhensible a tranché ma vie entre un avant et un après, sans que mes actes désordonnés puissent rien y changer. Souvent je me fixe des buts absurdes, par exemple je compte le nombre de mes pas ou je m’oblige à rattraper un passant avant qu’il ne tourne dans une ruelle obscure.
Je connais ces lieux depuis l’enfance, mais ils continuent de me surprendre. De temps à autre, le paysage évolue subitement, une réalisation immobilière de prestige est annoncée sur la palissade d’un terrain resté vague pendant des années, un petit café ferme ses portes, ses néons s’éteignent sur le trottoir. Dans le camion d’un brocanteur s’entassent les vieux objets publicitaires, les cendriers Ricard, le flipper mécanique, les verres à bière ou à digestif. Et puis c’est bien fini. À la place s’installera peut-être un loueur de cassettes porno, un fripier ou un marchand de frites et de viande hachée. Ces changements me bouleversent, et pourtant je méprisais cette ville quand j’étais adolescent. J’aurais été désespéré, alors, d’apprendre que j’y vivrais encore à l’âge adulte, épiant des évolutions infimes. On est bête quand on est jeune.
Un jour, au deuxième étage du numéro 7 de la rue du Nouveau-Siècle, on débarrassera les quatre meubles de Wanda, des mains grossières et indifférentes empoigneront les objets qui ont accompagné sa vie, enfin celle que j’aurai connue sans l’avoir vraiment partagée. Quelqu’un d’autre emménagera dans le deux pièces cuisine, changera la moquette et les papiers peints, et tout retombera dans la banalité et l’oubli, comme si Wanda n’avait jamais existé. Moi seul rôderai encore autour du vieil immeuble, épiant le va-et-vient des nouveaux locataires, étudiants débarqués de leur petit lycée avec leurs ambitions et leur peur du chômage, leurs sentiments d’infériorité et leur envie de vivre malgré tout. Après de longues minutes, la crainte d’être remarqué me poussera vers l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul dont le clocher de brique surgit à l’improviste au coin de la rue. Je retrouverai les mendiants derrière leurs pancartes, les enseignes qui sautent au visage des passants, les joueurs de billard et les buveurs qui beuglent dans les cafés.
C’est du moins ce que je ferai aussi longtemps que ma liberté de mouvement sera préservée. Je ne parle plus de ma liberté intérieure, de ce sentiment que, heureux ou pas, l’instant présent vous appartient et dépend de votre libre arbitre. Non, pour moi tout est décidé, sans que je puisse peser sur un avenir qui demeure cependant indéchiffrable. J’ai perdu à la fois ma tranquillité et cet élan vital qui permet aux autres de s’oublier dans n’importe quelle activité. En écrivant ces mots, je ne me place nullement sur un plan supérieur à celui des mortels ordinaires, bien au contraire. Si je néglige depuis des semaines mon secteur de prospection, c’est parce que reprendre ma mallette et partir pour une nouvelle tournée raviveraient des impressions et des souvenirs encore blessants. J’ai beau avoir conscience de bien des pièges, je ne les évite pas pour autant, je m’y jette lourdement, mes paroles n’engagent en rien mes actes. Wanda le regrettait, je crois. Je lui parlais souvent de mes projets, de cette volonté que je sentais en moi de me régénérer et de vivre à l’air libre. Elle m’écoutait, songeuse, recroquevillée sur son canapé, le menton sur les genoux, oscillant imperceptiblement sur les fesses. Il me semble qu’alors elle commençait déjà à m’énerver.
Viseur, lui, me comprenait beaucoup mieux, et nous parlions entre hommes, devant une pizza ou un verre. Nous nous étions retrouvés tandis que j’écumais les quartiers extérieurs. J’avais quitté mon domicile de bonne heure avec la liste des contacts fournie par la société qui m’emploie, Euroculture. Un nom avait attiré mon regard, celui d’un vague camarade d’université. À l’époque, Viseur se consacrait à la philosophie, moi aux lettres classiques, mais nous avions des cours communs et il m’avait demandé mon aide pour une version grecque. J’avais été surpris qu’un inconnu me sollicite aussi directement, mais, pour une raison que j’ignore, j’inspire spontanément de puissants sentiments de répulsion ou de sympathie. Il faut dire que le premier cas est de beaucoup le plus fréquent, et aussi le moins surprenant à mes yeux, puisque je trouve moi-même la plupart des gens déplaisants. Une attitude hostile ne m’étonne pas, elle me paraît au contraire plus saine et plus naturelle. Je me suis donc méfié d’emblée de Viseur et de ses manières doucereuses et insinuantes ; pas suffisamment encore, l’expérience devait amplement le démontrer. Mais n’anticipons pas. En ces années déjà lointaines, il portait des lunettes rondes à fine monture dorée, et de sa pipe montait un nuage puant qu’il croyait sans doute charmant et mystérieux. Son cou était entouré d’une écharpe violette qui faisait ressortir son teint crayeux mais qui s’harmonisait avec les cicatrices d’une acné ancienne. Dès qu’il ouvrait la bouche, une citation lui échappait par inadvertance, et il évoquait à mots couverts ses méditations, les nuits passées devant sa table de travail, tourmenté par son démon. Il développait son système, et il s’agissait de ne pas trop en dire, même devant un béotien comme moi, bien incapable de le suivre. Mais, le plus souvent, il se répandait en vantardises exorbitantes sur ses bonnes fortunes et ses exploits en tout genre, et il redressait alors son corps de légume poussé en serre. Quand il prétendait adopter une attitude plus modeste, c’était encore pire ; un jour qu’on lui demandait s’il savait jouer du piano, il a répondu : « Je ne sais pas. » Cette anecdote suffira à le dépeindre.
Il habitait maintenant les quartiers populaires du sud, une mosaïque d’entrepôts, de friches industrielles, d’immeubles longs et plats pareils à des écrans. Je m’y rendais assez rarement, car, si leurs habitants s’intéressent autant que d’autres et plus sincèrement à la culture, ils sont en revanche mauvais payeurs. Cela entraîne des contentieux pénibles, qui se terminent par la perte de ma commission.
— Je suis obligé de vous décréditer, m’annonçait au téléphone M. Dirx, l’inspecteur régional des ventes. Soyez plus rigoureux dans la segmentation de vos prospects.
Tous les six mois, il venait passer une journée d’évaluation en ma compagnie. Nous partions en métro ou en bus, puisque mon secteur est exclusivement urbain, et il critiquait ma façon de procéder avec les clients. J’ai tenté plus d’une fois de lui faire comprendre que, si l’on en croit la physique quantique, l’observateur fausse la mesure. En sa présence, je cherchais trop à raffiner et à jouer les subtils, ce qui ne me correspond pas. De toute façon, mes efforts ne suffisaient jamais à le convaincre.
— Vous êtes mou et indifférent, alors que vous apportez la connaissance et la beauté. Et puis, avec votre imperméable verdâtre, vous ressemblez à un agent de la Gestapo, vous faites peur.
Et c’est vrai, il m’arrivait de conclure des ventes parce que mon client voulait se débarrasser de moi au plus vite, en signant un contrat de souscription. Je lisais le malaise et l’inquiétude dans ses yeux, et je détaillais sans pitié mon argumentaire, je décrivais sans fin les jolis boîtiers où il rangerait, en respectant la correspondance des couleurs, les biographies de peintres, d’écrivains, de musiciens ou de penseurs. « Les Grands Maîtres de l’esprit humain », livrés en petits paquets de fiches sous plastique pour cent vingt francs par mois seulement. Je ne sais pas moi-même si la fin de la série est déjà programmée. C’est sans doute une simple question de rentabilité. Un jour, la courbe des ventes s’effondrera sous un seuil fatidique, et il faudra lancer une nouvelle série sur les animaux amazoniens ou la conquête de l’espace, en recrutant d’autres cibles et d’autres « conseillers culturels ». Mais, en attendant, « Les Grands Maîtres de l’esprit humain » marchaient bien dans ma ville natale.
— Ça aidera vos enfants dans leurs études. En plus, c’est le complément idéal de notre encyclopédie et de nos atlas…
C’était l’argument suprême. Un pli se creusait sur le front du père de famille. Le cerveau plein de calculs et de chiffres, il retournait les fiches colorées. C’était cher, mais, puisqu’on pouvait interrompre l’abonnement par simple lettre recommandée, il se décidait. Plus tard il oublierait le prélèvement automatique sur son compte en banque et il ne réagirait que si sa situation financière devenait trop critique. D’ici là, des milliers de francs se seraient transformés en boîtes de carton et en mauvaises reproductions de tableaux. Parfois, je noyais dans mon discours une allusion vague au ministère de l’Éducation nationale. L’achat de nos produits n’était pas obligatoire, non, mais il était chaudement conseillé, et même, disons-le, franchement recommandé.
À la sortie de l’immeuble prospecté, M. Dirx poursuivait ses commentaires avec son accent indéfinissable :
— Vous êtes efficace, à votre manière, mais j’ai l’impression que vous travaillez à court terme, et ce n’est pas bon du tout. Pour vos clients, votre visite restera un mauvais souvenir, et ils n’auront pas envie de vous revoir. Comment dire ?… Hum, c’est comme un premier rendez-vous avec une jeune fille, il faut séduire sans effrayer. Hum, vous voyez ce que je veux dire ? Vous manquez de rondeur, de souplesse, c’est peut-être que vous êtes trop jeune.
Je n’écoutais que d’une oreille et je contemplais mon reflet dans la grande glace du hall, un jeune type grand et sec à l’air sauvage. M. Dirx avait raison, j’aurais dû au moins faire l’effort de m’habiller d’une façon plus rassurante, au lieu de sortir par tous les temps avec une chemise à manches courtes sous ma veste et mon imper, m’envelopper de tissus confortables et moelleux, de cachemire, de laine et de coton. Quand nous nous séparions, M. Dirx était toujours gêné, comme s’il gardait quelque chose su le cœur. Il balançait d’un pied sur l’autre, tempérant ses critiques par des commentaires aimables sur mes statistiques et sur la beauté austère de la ville. Après une dernière hésitation, il me serrait la main et me disait « à la prochaine fois » d’un ton lourd de soupirs. Dans sa voiture, il se reprochait sans doute d’avoir été lâche, puis il se trouvait des excuses, oubliait enfin son agent du secteur nord. En outre, un homme d’argent et de résultats comme lui ne pouvait s’arrêter à des pressentiments et à des impressions fugaces. Il regrettait simplement de m’avoir rencontré un jour et recruté parmi bien d’autres candidats, moins diplômés mais plus… Plus quoi ?
Il n’aurait su le dire, et je chercherai moi aussi la réponse jusqu’à la fin, jusqu’au jour où je cesserai d’errer dans les rues et les parkings, sous la pluie et dans le froid. M. Dirx n’est pas un mauvais homme, il doit avoir honte de nos procédés commerciaux, de cette façon d’agir à la lisière de l’honnêteté et de la bonne conscience. Il voudrait être un pater familias pour ses jeunes subordonnés, mais il n’arrive à leur promettre que des primes et des voyages, des « incentives », comme il dit.
La première fois que j’ai revu Viseur, j’ai constaté avec satisfaction qu’il était devenu chauve. J’ignore pourquoi, j’ai souri en apercevant le reflet d’un néon sur sa boule de billard. Il m’a fait entrer dans son appartement, et nous avons très vite oublié le but commercial de ma visite. Je crois que l’on appelle « loft » le genre d’endroit où il vivait, mais je n’en suis pas certain, car il me manque des pans entiers de vocabulaire lié à la vie quotidienne ou, disons, « mondaine ». En tout cas, j’avais été très impressionné par la hauteur de plafond, le mobilier en bois clair et joyeux, tous les appareils fonctionnels destinés à rendre l’existence plus facile ou plus agréable. Il régnait une atmosphère d’aisance et de décontraction dont j’eus la nostalgie, le soir, une fois rentré chez ma mère, où l’on ne trouvait que des ouvre- boîtes mécaniques et des chaises en merisier léguées par je ne sais quel ancêtre. Pendant très longtemps, nous nous sommes assis tous les deux dans des fauteuils en cuir, vers les vingt heures, pour regarder les informations puis le premier programme de la soirée. Mon père nous rejoignait rarement, il préférait s’enfermer dans son bureau, parfois avec un visiteur inconnu, entre ses livres et ses collections d’insectes empalés et de plantes séchées. De son vivant aussi, l’ennui et le silence recouvraient tout.
De son vivant. À la relecture, ces trois mots me paraissent absurdes, car j’ai l’impression que sa présence n’a cessé de se renforcer après sa mort, et qu’il pourrait maintenant, sa maison enfin vide, venir s’installer dans le vieux salon pour se régaler d’un téléfilm ou d’une émission de variétés, spécial nostalgie années soixante. Mais non, ses souvenirs de jeunesse étaient encore plus lointains. Il me parlait quelquefois de la guerre comme d’une époque passionnante et bénie, fertile en aventures et en occasions de se distinguer. « Alors la vie s’accélère, il se passe autant de choses en un jour que dans toute une vie ordinaire. D’ailleurs, les gens ne pensent plus à se suicider. »
De quoi parlait-il au juste ? Il était né un peu trop tard à son goût, et le train magique avait défilé sous son regard ébloui d’enfant, le laissant à jamais sur le quai. Ses sentiments étaient peut-être moins simples que je ne le dis, mais il me montrait parfois, avec des airs encore plus incertains et hésitants que d’habitude, une arme rouillée ou d’étranges insignes d’uniforme qu’il extrayait de derrière une rangée de livres savants. Ses gros yeux liquides roulaient dans leurs orbites, et il levait un doigt menaçant et prometteur. « Un jour, tout ça sera à toi », me disait-il, et, depuis ce temps, devenir adulte a toujours signifié, pour moi, accéder à des objets mystérieux dissimulés par un décor ordinaire et dont on ne pouvait parler à personne. Il me proposait ensuite son fade herbier aux odeurs maladives, mais le charme était rompu, et il me relâchait, ou je m’enfuyais, et je retrouvais ma mère devant la télé. Deux humoristes jouaient un sketch, les gifles qu’ils échangeaient étaient soulignées par des coups de cymbales. « Sont-ils bêtes », disait-elle en riant d’un air gêné. Puis elle partait se coucher en me recommandant d’éteindre les lumières. Plus tard, j’ai su par des copains d’école quel privilège scandaleux c’était, pour un enfant, d’aller dormir le dernier, après ses parents. Mais mon père rejoignait-il sa chambre, ou passait-il ses nuits à veiller dans son bureau, en rêvant au bon temps des conflits et des bouleversements ? Une seule fois je me suis cru autorisé à frapper à la porte de leur chambre, après minuit. On venait d’annoncer à la télévision la mort d’un personnage important, et cela me parut justifier et excuser mon audace. Peut-être la guerre éclaterait-elle grâce à cette disparition ? J’ai crié la nouvelle formidable à travers la porte, et mon père m’a répondu immédiatement, d’une voix claire, comme s’il épiait dans l’obscurité, toutes les nuits, les bruits et les mouvements de l’extérieur : « Ah bon ? Merci. » Ce fut sa seule réaction devant l’énormité des événements. Je n’ai pourtant pas été déçu, au contraire ; pendant bien des années, j’ai réfléchi au fait qu’il était éveillé dans le noir, à l’inflexion calme de ses paroles, qui contrastait avec le ton dramatique des journalistes de la télévision. Tout cela me procurait une grande agitation.
Mon père m’intimidait. Bien après sa mort, des gens, toujours des hommes, venaient sonner au portail, demandant le Dr Wegener. Je leur répondais que le cabinet était définitivement fermé. Ils m’observaient avec méfiance, leurs regards plongeaient derrière moi vers les arbustes du jardin et la grande demeure en briques un peu noircies. Ils me trouvaient sans doute trop jeune pour être un interlocuteur fiable, et ils s’agaçaient imperceptiblement de mon mutisme. Ils devaient voir M. Wegener, c’était urgent, il les suivait depuis trop longtemps pour qu’ils aillent consulter un autre médecin, c’était tout à fait spécial, ils se voyaient contraints d’insister. Je leur répétais qu’il n’y aurait plus jamais de consultations, ni pour eux ni pour personne. Je ne leur parlais pas de la mort, c’était trop intime, trop personnel, et cela aurait amené d’autres questions, or je ne voulais plus voir leurs faces ravagées de tics et recevoir leurs postillons. Pas convaincus, ne sachant trop à qui « ils avaient affaire », ils battaient en retraite en se promettant de revenir plus tard. Du trottoir d’en face, ils scrutaient les volets de fer rouillé qui obturaient maintenant pour jamais les fenêtres donnant sur la rue. Le cuivre de la plaque était déjà mangé de vert-de-gris. Un flâneur à la recherche du passé modeste d’une ville aurait encore pu y lire, en s’approchant de très près pour en déchiffrer les caractères :
« Docteur J. Wegener, ancien chef de clinique, neuropsychiatrie – troubles du sommeil et de l’attention. »
Cette plaque a brillé jadis au soleil. Bien après sa mort, des voix hésitantes réclamaient parfois mon père au téléphone. Peut-être étaient-elles filtrées par un mouchoir ou une main posée sur le micro. Sans me présenter, je leur répondais que tout était perdu, qu’il était trop tard et qu’il ne fallait plus rien espérer. Je laissais passer un silence, je leur conseillais d’être prudents et je raccrochais après un dernier adieu. Ils me croyaient sur parole, car j’avais trouvé d’instinct les mots qu’ils redoutaient. Je savais qu’ils ne rappelleraient plus. Ils avaient compris, c’était un avantage qu’ils avaient sur moi. Niaiseries.
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